Si la politique avait besoin de se refaire une beauté et une crédibilité, ce n'est pas à Genève que cela risque de se passer. En effet, la Conférence de l'ONU sur le racisme, dite de « Durban II », qui s'ouvre aujourd'hui dans un climat alourdi par la défection de plusieurs pays occidentaux, ressemble à un sketch des Guignols. Impatient d'avoir une tribune internationale, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad se frotte déjà les mains. À Cointrin, il a été accueilli par l'inénarrable Moutinot, qui lui a déroulé le tapis rouge, puis par notre président Hans Rudolf Merz. En attendant de faire la bise à Micheline Calmy-Rey, qu'il connaît de longue date et qu'il avait parée des plus beaux voiles à Téhéran…
Dans cette foire d'empoigne, tout le monde se drape dans sa profonde dignité. Les États-Unis ne viendront pas, eux qui bafouent les droits de l'Homme à Guantanamo (bientôt fermée, heureusement). Israël non plus, qui multiplie les crimes de guerre et pratique le racisme ordinaire vis à vis des Palestiniens, enfermés par de hauts murs. Le Canada (qu'on a connu plus courageux), l'Australie, la Nouvelle-Zélande non plus, qui imitent, en fidèles caniches, l'exemple du grand frère américain.
En revanche, la Lybie, l'Iran, la Syrie, le Pakistan, ces grands défenseurs des Droits de l'Homme qui lapident les femmes et punissent souvent de mort l'homosexualité, seront bien présents. Ouf! On se réjouit des débats lumineux qui vont résonner dans la noble enceinte du Palais des Nations…
Comme on le voit, c'est le monde à l'envers. Les Droits de l'Homme sont défendus par ceux qui les bafouent et ceux qui pourraient les défendre brillent par leur absence, craignant sans doute qu'on les accuse, eux aussi, de ne pas respecter les règles du jeu.
Alors, encore une conférence inutile?
Peut-être pas. Si les absents ont toujours tort, les présents asséneront quelques vérités bien senties qui échapperont aux bornes du politiquement correct. On peut faire confiance au président Ahmadinedjad pour cela. Si l'Occident l'adore (adore le haïr), c'est qu'il représente le Diable en personne. Et nous avons tellement besoin du Diable…
Il y a de la douleur, et beaucoup d'amertume, dans l'un des derniers livres de Monique Laederach dont le titre, Je n'ai pas dansé dans l'île*, évoque en creux l'abîme de l'amour (ou l'amour abîmé).
Comme l'homme du même nom, voici un film qui tombe à pic! Pile poil dans l'actualité, au moment où la Suisse, attaquée de toutes parts, doit admettre les pratiques frauduleuses de ses banquiers et en rabattre sur sa sacro-sainte moralité. Ce devrait être l'occasion, pour beaucoup de monde, de laver le linge sale non seulement en famille, mais sur la place publique. Car ce que le film de Dominique Othenin-Girard, Dirty money, l'Infiltré, nous montre s'est rééllement passé, et se passe encore aujourd'hui.
silences armés, de complicités peu reluisantes. Le rythme est bien sûr soutenu. Le propos, d'abord un peu confus, se clarifie au fil de la narration, et de cette course éperdue pour prendre au piège les trafiquants de drogue, et ceux, chez nous, qui recyclent leur argent. Même si, parfois, on aimerait, de la part du réalisateur, un point de vue plus précis et plus clair, ce film fera date parce qu'il s'attaque aux fondements obscurs de notre opulence, les milliers de millions engrangés dans nos banques non seulement pour qu'ils y soient en sécurité, mais également pour qu'ils y soient blanchis.