
Catherine Lovey aime les filatures et les enquêtes difficiles. Comme ses précédents ouvrages, Un roman russe et drôle* prend, dès les premières pages, la forme d’une enquête, qui deviendra, un fil des chapitres, une quête de sens et de liberté. D’emblée, Catherine Lovey nous lance sur les traces d’un oligarque russe, Mikhaïl Khodorkovski, milliardaire arrêté par le pouvoir en place et envoyé, comme tant d’autres dissidents avant lui, dans un bagne de Sibérie. Le roman commence sur les chapeaux de roue : la scène d’ouverture — une sorte de garden-party estivale, en Suisse, où se retrouvent et se croisent une dizaine de personnages hauts en couleur — est une vraie jubilation. On pense à Tchékov, bien sûr, mais aussi à Tolstoï et à Dostoïevski auxquels l’auteur fait un clin d’œil complice. Vivante, pleine de fureur et de rire, cette longue scène d'exposition met le roman sur les rails. Et le lecteur, appâté comme Valentine Y., l’héroïne du livre, a envie de tout savoir sur ce mystérieux oligarque emprisonné pour avoir contesté le pouvoir…
Quelle place occupe un écrivain dans la société d’aujourd’hui ? Quel est son rôle, sa fonction, sa responsabilité sociale ? Est-il un médiateur ou un provocateur ? Est-il vraiment un créateur, vivant d’air et d’eau fraîche, au-dessus de toute contingence matérielle ?
Jusqu'où la Suisse doit-elle aller pour défendre non le « secret bancaire », mais les fraudeurs étrangers qui viennent planquer leur argent dans notre beau pays ? Question délicate. Didier Burkhalter, le tout nouveau conseiller fédéral, ne mâche pas ses mots : « C'est une agression contre la Suisse » a-t-il même tonné (on se rappelle que c'est lui qui voulait envoyer le Corps d'Intervention rapide en Libye pour libérer les otages retenus à Tripoli : on connaît hélas le résultat). De là à demander la protection de l'Union Européenne (dont nous ne faisons pas partie), voire une intervention armée de l'Amérique…