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livres - Page 2

  • Le pire et le meilleur à la télé

    Curieuse coïncidence : les deux émissions passent le même jour, et presque en même temps. La première s’appelle Tard pour Bar : c’est tous les jeudis vers 22h30 sur la TSR. La seconde s’appelle La Grande Librairie : c’est également le jeudi, mais plus tôt, vers 20h35 sur France 5. Avec ces deux émissions, qui prétendent toutes deux présenter l’actualité culturelle et littéraire, la télévision nous propose, chaque semaine, le pire et le meilleur.

    images-1.jpegLe pire, tout d’abord. C’est Tard pour Bar sur la TSR. Nous assistons, jeudi après jeudi, au même débat futile réunissant des invités parfaitement interchangeables venus donner la réplique à un animateur qui ne manque pas une occasion d’étaler son inculture et de ramener sa fraise. La vedette, c’est lui, bien sûr, Michel Zendali. Les livres ? Il ne les lit pas (cela pourrait influencer son jugement). Le théâtre ? Il n’y va pas (ce n’est pas très gai). Quant au reste, l’« actualité culturelle », il en délègue la responsabilité à une charmante jeune femme, Ushanga, qui a deux minutes chaque semaine, montre en main, pour la présenter à l’écran. La seule séquence originale de l’émission est constituée par un micro-trottoir réalisé quelque part en Suisse romande avec quiproquos, double sens et clins d’œil tout à fait savoureux. Mais rien, bien sûr, sur l’actualité du livre, les expositions, les concerts. En un mot : la création en Suisse romande (les créateurs sont rarement invités à Tard pour Bar)

    images-2.jpegLe meilleur, maintenant. C’est donc tous les jeudis sur France 5 à partir de 20h30. Cela s’appelle La Grande Librairie et c’est animé par François Busnel, un ancien journaliste du magazine Lire. Intelligent, subtil, compétent (il a lu tous les livres dont il parle) et surtout doué d’un sens de l’accueil et de l’écoute tout à fait inconnu chez son concurrent culturel (qui ne songe qu’à couper la parole à ses invités et à se mettre en évidence). Et que propose donc Busnel ? Chaque semaine, c’est un feu d’artifice. Excusez du peu : il a fait venir l’écrivain américain Paul Auster pour un entretien exclusif (et en français !) de deux heures ! De même avec James Ellroy. Il est allé rendre visite à Philip Roth à New York. Il a bien sûr convié à son émission Jacques Chessex, Pascal Quignard, Laure Adler, Amélie Nothomb, etc. Par exemple, sa dernière émission réunissait Marie Darrieussecq, Jean-Jacques Schuhl et Philippe Sollers. Plateau exceptionnel qui a ravi non seulement les amateurs de livres, mais aussi ceux qui aiment les rencontres (et les dialogues) au sommet. François Busnel aime les livres et les écrivain(e)s. Cela se voit et cela s’entend. Il aime les rencontres et les débats. Il est à la fois humble et compétent, heureux surtout de recevoir ses invités.

    Alors ce soir, n’hésitez pas, rejoignez tous La Grande Librairie : l’une des rares émissions littéraires que propose la télévision. C’est en effet sur ce plateau, à partir de 20h30, tous les jeudis, que cela se passe.

  • Rencontre au Rameau d'Or

    DownloadedFile-1.jpeg Ne manquez pas la rencontre amicale, suivie d'une verrée, à la Librairie Le Rameau d’Or, mercredi 16 décembre 2009 dès 16 h 00, avec les auteurs de l'Âge d'Homme qui ont publié un livre cette année :

    * Jean-Marie Adatte • Antonio Albanese * Rafik Ben Salah • François Berger • Freddy Buache * André Corboz • Julien Dunilac • Christophe Gallaz * Virgile Elias Gehrig • Philippe Grosos *Serge Heughebaert • Hervé Krief • Jean-Louis Kuffer* Georges Ottino • Philippe Paulino • Barbara Polla (à gauche sur la photo)
    François Rothen • Jil Silberstein • Marielle Stamm
    Anne-Marie Steullet-Lambert • Sylvoisal * Giordano Tironi • Raymond Tschumi

    Librairie Le Rameau d'Or
    17, bd Georges Favon
    CH-1204 Genève
    Tel. 022.310.26.33
    Fax 022.781.45.90
    rameaudor@bluewin.ch

  • Quand la TSR se pique de culture…

    Il semblerait que mes derniers billets aient provoqué une avalanche de commentaires et quelques malentendus tenaces. Pour ce qui est des commentaires (près de 100!), je m'en félicite : c'est la preuve qu'une discussion s'est ouverte, qui déborde, dérape parfois, mais brasse de vraies questions. Quant aux malentendus, j'aimerais en dissiper quelques-uns, très simplement :

    1) je n'ai aucune admiration, ni compassion particulière pour les « violeurs », « abuseurs » et autres « pédophiles » ;

    2) je ne place pas les « artistes » au-dessus des lois, ni ne réclame une clémence particulière pour les « grands créateurs » ;

    3) les « médiocres » auxquels je faisais allusion dans mon papier sont ceux qui détestent, épidermiquement, les artistes et sortent leur révolver sitôt qu'on prononce le mot « culture ». Je ne citerai pas de noms. Tout le monde les connaît. J'appelle « médiocres » aussi ceux qui s'appliquent avec un zêle immaculé à faire respecter une Loi obsolète.

    Pour illustrer mon propos, je me permets de citer une émission de la TSR, une vraie Idée Suisse : Tard pour Bar. Mes collègues de Blogres lui ontimages.jpeg déjà consacré un billet incendiaire (cliquer). Que s'est-il donc passé pendant l'émission du 24 septembre dernier ? Eh bien l'animateur-vedette, Michel Zendali, qui officiait naguère aux débats d'Infrarouge, s'en est pris à l'un de ses invités, l'éditeur Michel Moret, auquel, pour faire court, il a reproché l'inanité des livres qu'il publiait, en particulier des journaux intimes, celui de Moret et celui d'un journaliste de la radio, Raphael Aubert, qu'il trouve sans intérêt. Cela sentait la mise à mort et le règlement de comptes. D'ailleurs, le pauvre Moret, qui n'a pas l'habitude des jeux du cirque, ne s'en est pas relevé.

    Or, lundi soir, pendant Forum, sur la Première, Zendali était à son tour mis sur le grill. Cette fois-ci non en maître de cérémonie, mais en guest star. Face à lui, Gérard Delaloye (voir sa lettre à Zendali), écrivain et journaliste, auteur de l'Aire, ne l'a pas ménagé, lui reprochant à la fois son ton agressif (inspiré de Thierry Ardisson), son narcissime et sa paresse (Zendali crie haut et fort qu'il ne lit pas les livres dont il parle). Si les deux interlocuteurs s'étaient trouvés en face l'un de l'autre, nul doute qu'ils en seraient venus aux mains!

    Ce dialogue de sourds est révélateur du malaise (ou du malentendu) qui règne entre radio et télévision. Alors que la première, obéissant aux images-1.jpegrègles du Service public, donne la parole aux hommes et femmes qui ont quelque chose à dire — les créateurs en particulier (mais pas seulement) ; la seconde, obnubilée par l'audimat, coupe ou retire la parole à ces mêmes acteurs de la vie culturelle.  Il ne faut jamais oublier que la vraie vedette de Tard pour Bar, c'est Zendali. Toute l'émission vise à flatter son ego (Zendali et ses femmes, Zendali et ses coups de cœur, Zendali et ses coups de griffe, etc.). Et pourquoi pas, au fond ? Ardisson l'a bien fait par le passé. Le problème, ici, c'est que Zendali sort son flingue chaque fois qu'on prononce le mot « culture » ou « littérature ». Il avoue ne pas lire les livres qu'il présente. Ce qui ne l'empêche pas de tirer à vue sur ceux-là même qui écrivent ou éditent des livres en Suisse romande (et qu'on n'invite jamais à la télévision). Il rudoie les comédiennes (Caroline Gasser). Il flatte les politiques (Christophe Darbellay). Etc.

    Dans cette arène (c'est l'idéal du « débat télévisé »), le combat est inégal ; les dés pipés d'avance ; la mise à mort programmée. C'est d'autant plus dommage que Tard pour Bar est l'unique émission « culturelle » de la TSR qui décidément n'a pas beaucoup d'estime (je ne dis pas d'amour) pour les artistes et les créateurs de ce pays.