Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

- Page 2

  • Finale suisse de Ma thèse en 180 secondes

    Très belle finale suisse, hier soir, à Uni Dufour, de Ma Thèse en 180 secondes. Animation punchy de Tanya Chytil (TSR). Excellente prestation des 15 candidats en lice. Et — tout orgueil paternel mis à part ! — concert de louanges pour la lauréate, Sarah Olivier, Prix du Public (pourtant venu en masse, et en car, de l'EPFL) et Prix du Jury !

    La finale européenne aura lieu à Liège le 28 septembre.

    IMG_1127.JPG

    IMG_1124.JPG

    IMG_1128.JPG

    IMG_1126.JPG

    IMG_1129.JPG

    IMG_1133-3.JPG

  • L'andouille et les tartufes

    images-2.jpegCela doit être vrai, puisque tout le monde le dit : Donald Trump est une andouille, élu par une majorité d'andouilles (d'ailleurs, elles sont américaines), et son gouvernement est un repaire d'andouilles et de vautours sans foi ni loi. C'est un bavard impénitent, un psychopathe, un menteur, un mégalo qui rêve de reconstruire le Mur de Berlin à la frontière mexicaine…

    Cela doit être vrai, puisque tout le monde dit la même chose. Radio, télévision, journaux. Litanie fatigante. Comme pour Emmanuel Macron — géniale création des médias —, la rengaine est la même — mais inversée. Pas un jour (et bientôt pas une heure) ne se passe sans que l'illustre New York Times ou le Washington Post ne révèle une nouvelle fuite (comme les mamans inquiètes devant leur nourrisson en couche-culottes, nous vivons à l'ère des leaks) de notre andouille préférée. Comme s'ils n'avaient toujours pas digéré l'élection de Trump à la Présidence des Etats-Unis (qui montra leur aveuglement), les médias s'acharnent, inventent des fake news, appellent maintenant à l'impeachment (à la destitution— rien que ça ! — du Président).

    J'aime les andouilles (dans mon assiette), mais je ne suis pas trumpiste, et je ne le serai jamais. Pourtant, un tel concert d'insultes, de haine et de mépris m'agace. Il est répétitif (et on est loin de la musique subtile d'un Philip Glass ou d'un Steve Reich). Acrimonieux. Sans intérêt. Ce sont les mêmes tartufes qui ont créé Macron, ou qui ont soutenu Hillary Clinton, qui veulent aujourd'hui la peau du Président « imprévisible ». Pour que tout rentre dans l'ordre. Pour que la mondialisation tourne à pleins tubes. Pour que Washington et Moscou, comme autrefois, soient des ennemis irréconciliables.

    Cela doit être vrai, puisque tout le monde le dit. 

  • Une vie de chien (Julien Sansonnens)

    Unknown-1.jpegJ'avais beaucoup aimé, l'année dernière, Les Ordres de grandeur* (voir ici), un polar haletant qui mêlait politique et médias, un roman au style vif et généreux, assez rare sous nos latitudes protestantes. L'auteur, Julien Sansonnens, récidive cette année avec un texte plus court (une longue nouvelle) qui possède néanmoins les mêmes qualités que son précédent livre. Cela s'appelle Quatre années du chien Beluga**, et c'est une merveille.

    Qualité d'écriture tout d'abord : précise, limpide, coupante comme un scalpel. Sansonnens a du style, et c'est un bonheur de le lire. Qualité de construction ensuite : le récit est parfaitement mené, à un rythme soutenu, mais avec des pauses, de réflexion ou d'anecdotes, alternant les descriptions (promenades au bord du lac, randonnées en montagne, innombrables bêtises du chien Beluga) et la narration plus serrée, plus intime.

    Car c'est bien de cela qu'il s'agit dans ce petit livre d'une grande profondeur : raconter l'intimité — le lien d'intimité — qui se noue entre un chien et ses maîtres (la narration, très « brechtienne », pose d'emblée les relations familiales en relations de pouvoir). Unknown.jpegBeluga, que ses maîtres adoptent alors qu'il n'a que quelques mois, vient apporter sa folie, ses névroses (il n'aime pas les enfants), son inébranlable joie de vivre à toute la maisonnée. Il devient l'enfant chéri (et folâtre) de ses maîtres, qui l'emmènent en voyage avec eux, lui abandonnent leur plus beau fauteuil. Il est de toutes les bringues et de tous les bonheurs.

    Cela se gâte, pourtant, quand le couple attend son premier enfant. Étrangement, le chien tombe malade. Il a des absences, des pertes d'équilibre. « Est-il envisageable que la naissance de l'enfant ait provoqué le mal dont souffre le chien ? » demande le narrateur, qui n'évite pas les crises de culpabilité. Il fera tout pour sauver Beluga, l'emmenant chez le vétérinaire (« une belle ordure») à quatre heures du matin. Mais rien n'y fait. L'enfant prospère, tandis que le chien décline, inexorablement. De quoi souffre-t-il ? Épilepsie, cancer. Le chien Beluga quitte la scène après une vie de jeu, de caresses, de courses folles (il adore courir en rond). Sansonnens évoque très bien le vide que l'animal laisse dans le cœur de ses maîtres : c'est de là que surgit l'écriture.

    * Julien Sansonnens, Les Ordres de Grandeur, roman, édition de l'Aire, 2016.

    ** Julien Sansonnens, Quatre années du chien Beluga, nouvelles, édition Mon Village, 2017.