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Adam (6)

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Mon bonheur, c’est le foot. Le football est un sport universel. Même les sauvages peuvent y jouer. On organise des matches dans l’allée de palmiers. Parfois avec un vrai ballon de cuir qui va vite et qui est difficile à maîtriser. Un cadeau des soldats qui viennent faire la fête au village. Mais ce ballon n’a pas la vie très longue. Dès le premier match, il crève en heurtant l’épine d’un arbuste. Ou un chacal l’emporte dans sa gueule. Alors on fabrique une balle grossière avec une pelote de résine séchée ou des feuilles de bananier. Cette balle est parfaite. Ni trop rapide, ni trop petite. On joue pieds nus, dans la poussière de la corniche. Même à midi, sous le soleil, on ne connaît pas la fatigue. Je joue à tous les postes, tantôt gardien de but, tantôt défenseur et tantôt attaquant. La joie est la même partout. Quand on arrête un penalty, quand on fait une passe décisive ou quand on marque un but. On ne fait pas souvent trembler les filets, parce qu’on n’a pas de filets, mais des pierres qui marquent les poteaux. On s’écorche les pieds sur les cailloux. On râle comme des hyènes. On se bat jusqu’au bout pour gagner. Le soir, on est couvert de poussière et de sang et on va se baigner dans la mer. Les filles viennent nous taquiner. On oublie de revenir au village.

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